Il y a maintenant 12 ans, le blog a été créé ! Vous êtes plus de 6200 abonnés à la newsletter !Merci tout le monde pour votre fidélité de lecture et vos commentaires qui font évoluer le blog et son contenu ! Pour commencer, faisons un peu de méthodologie grâce à cet essai randomisé évaluant la stimulation électrique du point d'acuponcture P6 au poignet versus métoclopramide dans les vomissements post-opératoires. C'est en double placebo, il y avait donc un placebo de métoclopramide et bracelet de stimulation électrique qui faisait une petite lumière mais n'envoyait pas la stimulation électrique. Les auteurs trouvent que la stimulation du point d'acuponcture était plus efficace que le métoclopramide. Mais, il y a plusieurs biais. D'une part, la stimulation factice ne donnait pas de paresthésie, donc il aurait plutôt fallu faire une vraie stimulation sur un "faux" points qu'une absence de stimulation. D'autre part, le critère de jugement est le taux de répondant avec une EVA inférieure à 3/10 à 2 heures : 77% versus 55%. Mais si on compare maintenant les EVA directement, elles étaient à 7 initialement et sont passées à des médianes à 2 vs 3 : donc cette différence de 1 point sur 10 est elle réellement cliniquement pertinente? Quand on transforme une variable continue en variable binaire, on perd de l'information... Donc enter placebo qui n'en est pas un et une variable modifiée, difficile de réellement conclure à l'efficacité de la stimulation des points d'acuponcture. Bonne lecture !
1/ Pharmacovigilance
La semaine dernière, nous parlions déjà des IPP. Dans cette étude de cohorte rétrospective belge incluant 900 000 patients avec trouble ventilatoire obstructif, il y avait une association entre utilisation d'IPP et risque d'exacerbation. Ce n'est pas forcément très étonnant vu que le RGO est associé à l'asthme... On n'est donc pas sur du sens de la causalité, même en prenant en compte les diagnostics de RGO car ils pourraient être mal renseignés compte tenu de leur fréquence. On peut cependant conclure qu'un patient prenant un IPP a plus de risque de faire une exacerbation, donc être peut-être plus vigilent sur le contrôle de la maladie respiratoire.
2/ Cardiovasculaire
On va aborder rapidement les recommandations de ESC concernant les valvulopathies. On notera deux points qui peuvent intéresser les généralistes. D'abord, les AOD sont contre indiqués en cas de rétrécissement mitral serré, auquel cas un AVK doit être utilisé. Ensuite, l'indication de traitement chirurgical des patients avec un RAC serré asymptomatique est présentée comme une alternative à surveillance rapprochée (grade IIa), tout comme le traitement chirurgical de l'insuffisance aortique chez les patients asymptomatique dont l'indication chirurgicale se discutera selon le FEVG, le BNP etc.... Globalement, chez les patients asymptomatique, l'indication opératoire des valvulopathies chez les patients asymptomatique est limitée à certains cas où le retentissement cardiaque est sévère (ce qui pose la question de l'intérêt d'envoyer à l'ETT tous les souffles chez des patients asymptomatiques, ou seulement chez les sujets plus fragiles et avec comorbidités pouvant entrainer des décompensations...)
Voici un essai émulé a comparé une cible d'uricémie < 60mg/L versus >60mg/L chez des patients avec goutte. Les auteurs trouvent que la cible base était associé à un risque de survenue d'évènements cardiovasculaire plus faible. Mais encore une fois, les essais émulés étant créés à partir de cohortes de patients qui sont ensuite appariés, ce ne sont pas des essais randomisés et les patients avaient peut-être une raison d'être moins traités ou avaient possiblement un risque CV plus élevé sur d'autres critères non pris en compte. C'est concordant avec cette autre étude, mais les essais randomisés ne sont pas concluant...
3/ Pneumologie
En pneumologie, on parle régulièrement du traitement par corticoïde inhalé (CSI)+formoterol dans le traitement de crise de l'asthme (ici et là). Dans une étude de cout-efficacité, cette stratégie thérapeutique était moins couteuse par rapport à un CSI en traitement de fond + salbutamol en traitement de crise dans l'asthme léger à modéré. Par rapport à un traitement par salbutamol si besoin uniquement, elle était également moins couteuse et réduisait également les exacerbations et exacerbations sévères.
Jusqu'à récemment, la BPCO était souvent considérée comme une maladie "purement pulmonaire". Mais elle est de plus en plus considérée comme une maladie systémique nécessitant une prise en charge plus globale (cf ici et là). Un essai randomisé incluant des patients atteints de BPCO sans maladie cardiaque a testé un traitement préventif par bisoprolol pour réduire les évènements cardiovasculaire chez ces patients souvent à haut risque à cause du tabagisme. Il n'y a pas eu de différence sur la survenue d'évènements cardiovasculaire à 2 ans. Cependant, notons qu'il n'y a pas non plus eu de différence de mortalité, ni de symptômes de BPCO, ni d'exacerbation, donc on est quand même rassuré sur son utilisation en cas de BPCO (c'est concordant avec ce qu'on avait vu dans l'asthme ici)
4/ Néphrologie
Un article du JAMA aborde la néphropathie à IgA aussi connue sous le nom de maladie de Berger, qui est la glomérulonéphrite immunologique la plus fréquente. Elle touche généralement des hommes de 35 à 45 ans, qui présentent un syndrome néphritique: une hypertension, hématurie microscopique, et/ou une protéinurie (RAC >3mg/g) et parfois des oedèmes périphériques. Un avis néphrologique est bien sur indiqué devant la protéinurie et l'hématurie microscopique. Le bilan initial qui peut avancer les explorations comporte : NFS, créatininémie, ionogramme, bilan hépatique, RAC et les sérologies VIH, VHB, VHC, AAN, ANCA, anti-ENA, C3, C4 et électrophorèses des protéines sériques et urinaires. Ensuite, la biopsie fera le diagnostic.
5/ Addictologie
Les recommandations américaines concernant le trouble d'usage des opiacés ont été publiées. Il y est décrit que l'utilisation des substituts réduit la mortalité globale des patients avec un NNT de 80 patients par an (à noter que la méthadone était associé à davantage de risque que la buprénorphine dans les 4 semaines concernant la mortalité et le risque d'overdoses). Ce sont donc 2 traitements de 1ère ligne qui doivent accompagner l'arrêt de la drogue et nécessitent d'être prescrits au long cours, en étant éventuellement associés à la prise en charge psychologique et sociale. Enfin, chez les consommateurs, une stratégie de réduction des risques (éducation, kits naloxone, programmes autours des seringues...) permet de réduire le risque de contamination par VHC et de réduire les consommations. Enfin, les études montrent une meilleure adhésion au traitement de substitution lorsque les soins sont donnés par les acteurs de soins primaires par rapport aux services d'addictologie spécialisés.
6/ Rhumatologie
Il est fréquent d'avoir des demandes de genouillères pour l'arthrose. Cet essai randomisé a évalué l'efficacité des genouillères de soutien avec exercices par rapport aux exercices seuls dans la gonarthrose. Après 6 mois, le KOOS-5 (évaluant le retentissement entre 0 et 100) était significativement supérieur dans le groupe genouillère (+3.4 points), ce qui n'atteignait donc pas le seuil de pertinence clinique
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