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Blog médical et geek de médecine générale :
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mardi 8 septembre 2026

Dragi Webdo n°536 : dépistage CMV (reco HAS), recos ESC (insuffisance cardiaque, coroscanner, maladie rénale chronique), atorvastatine/sujet âgé, fibrillation auriculaire, e-cigarette, survodutide, suivi en MG

Bonjour ! On avait déjà vu ici que la durée de relation médecin généraliste - patient réduisait les hospitalisations en Norvège. Une étude similaire aux Pays Bas montre également qu'une relation de plus de 5 ans réduisait le risque de admissions aux urgences indépendamment du nombre de contact avec le médecin généraliste, avec un effet maximal pour des relations de plus de 15 ans. Bref, la continuité des soins avec son médecin, c'est important. Voici les autres actualités de la semaine qui a été marquée par le congrès de l'ESC ! Bonne lecture !

 

1/ Cardiologie

L'ESC a publié des recommandations sur l'utilisation du coroscanner, qui prend une place de plus en plus importante, en apportant 2 informations à interpréter : le score calcique et le CAD-RADS 2.0. 

En résumé, le coroscanner est le 1er examen pour éliminer un syndrome coronaire chronique, et également recommandé en cas de douleurs thoracique avec une probabilité < 50% (risque faible ou modéré) comme ce qu'ils recommandaient en 2024.

Ils recommandent de différer un traitement par statine chez un patient asymptomatique avec un score calcique à 0, et d'initier une statine si > 100 (sans qu'aucun ECR ne valide cette prise en charge par rapport à un score clinico-biologique). 

En cas de CAD-RADS de 0, 1 ou 2: traitement "préventif". En cas de CAD-RADS supérieur, un test fonctionnel ou une coronarographie est indiquée.

Enfin, comme on surdiagnostic avec tous ces scanner, ils proposent la surveillance des nodules pulmonaires qui est exactement ce qu'on disait en 2018 (et ils ont fait une faute de frappe en plus, c'est tous les 2 ans jusqu'à 5 ans et pas tous les 2 mois) :

 


 Les recommandations ESC sur l'insuffisance cardiaque ont également été mises à jour. Elles vont dans le sens d'une simplification avec maintenant uniquement une IC à FE réduit < 50% et IC à FE préservé > 50%. Le diagnostic repose toujours quel que soit l'IC sur la clinique, l'aides des nt-pro-BNP et des critères échographique (FEVG altérée ou FE préservée avec  HVG, OD dilatée >34 mL/m² ou 40mL/m² si FA, E/e′ >9 ou HTAP > 35mmHg). 

Sur le plan thérapeutique, on reste sur la pentathérapie en cas d'IC à FE réduite (même si en vrai les essais efficaces étaient sur des FE < 35% et pas entre 35-50%) : spironolactone/éplérénone , iSGLT2, ARNi+ARAII et bêta-bloquant (pour mémoire bisoprolol et nébivolol se prennent en 1 prise par jour).

En cas d'IC à FE préservée: les iSGLT2 sont toujours recommandés mais s'ajoutent maintenant les inhibiteurs de minéralocorticoïdes, suite à une revue systématique du Lancet montrant une réduction de mortalité. Mais ce n'est pas la spironolactone qui est efficace dans cette situation mais la finerenone. En reco de classe 2, les aGLP1 et les IEC ou ARAII+ARNi sont également proposés chez des patients toujours symptomatiques.


 

Dernière reco, la prise en charge cardio-rénale par les sociétés de cardiologie et de néphrologie européennes. Un dépistage est recommandé par créatininémie et rapport albuminurie/Créatininurie (RAC) au diagnostic d'une maladie cardiovasculaire établie ou annuellement si facteur de risque (diabète, risque de dégradation rénale). La définition du MRC est un DFG < 60ml/min ou un RAC > 3mg/mmol, pendant 3 mois. Le bilan complémentaire comprend la recherche d'hématurie et les auteurs suggèrent une échographie rénale au diagnostic ou si dégradation brutale. Le suivi du risque de progression se fait avec le score KFRE si DFG < 60ml/min et le risque cardiovasculaire avec le score 2 avec l'add-on "maladie rénale". Enfin, le traitement repose sur la trithérapie : IEC/ARAII, iSGLT2 et statine avec une cible tensionnelle entre 120 et 129mmHg. Chez les patients diabétiques un aGLP1 et la finerenone sont également recommandés. Deux points intéressants sont qu'il est explicitement noté que les antiagrégants ont une balance défavorable en prévention primaire que le patient soit diabétique ou non, et que la cible d'HbA1C est a personnaliser entre 6,5% et 8%. Enfin, en cas d'hyperkaliémie liée aux IEC/ARAII/finerenone, ils sont a arrêter si K  ≥6,0 mmol/L et à moduler en essayant d'optimiser d'autres facteurs entre 5,5 et 6,0 mmol/L.

 Un des essais intéressant en MG est STAREE, essai randomisé atorvastatine versus placebo chez des patients de  75 ans en moyenne et en prévention primaire non diabétiques. Après 6 ans, l'atorvastatine 40mg a réduit la survenue d'évènements cardiovasculaires (NNT = 220 patients par an), porté exclusivement par la réduction des infarctus non fatals (NNT=500 patients par an), sans réduction des AVC ou de la mortalité cardiovasculaire ou globale. Cette étude confirme donc ce qui est connu des statines, une réduction d'évènements cardiovasculaire de l'ordre de 30%, comme chez toute personne. La nouveauté est que l'atorvastatine n'avait pour l'instant démontré ce bénéfice que chez les diabétiques. Une des limites est l'existence d'une run-in période qui sélectionne les patients tolérant le mieux le traitement. De plus, la simvastatine et la pravastatine restent les traitements réduisant également la mortalité. Sur la question spécifique du sujet âgé, comme c'est le cas ici, cela inciterai à poursuivre le traitement pendant 6 ans, soit jusqu'à 80 ans environ (85 ans max dans l'étude), mais pour un bénéfice assez limité. En complément, rappelons l'étude SAGA de la semaine dernière, montrant qu'en cas de déprescription souhaitée, le bénéfice de la statine persiste encore. Au total, il pourrait être proposé aux patients avec une espérance de vie de plus de 5 ans de débuter une statine réduire légèrement les IDM non fatals et de l'arrêter ensuite vers 80 ans avec un effet qui persistera.

Rapidement, la supplémentation en vitamine K et vitamine D réduit la progression du score calcique, sans qu'on ait aucune preuve que cela ait un impact clinique. Donc pas d'extrapolation !

Un essai randomisé a évalué l'anticoagulation par AOD (67% d'apixaban) chez des patients avec une FA et un  CHA2DS2-VASc de 1 pour les hommes et 2 chez les femmes. Il y avait moins d'évènements cardiovasculaires dans le groupe AOD (NNT = 100 à 2 ans), entièrement porté par les AVC ischémiques, sans surrisque hémorragique. L'apixaban ayant une efficacité supérieure à la coumadine avec un risque hémorragique plus faible, il est intéressant de poser cette question, qui pourrait conduire à une modification des recommandations si l'étude était reproduite.


2/ Gynécologie

La HAS confirme sa recommandation de dépistage du CMV en début de grossesse (on en avait parlé ici), s'appuyant sur un essai randomisé de 2 groupes de 45 patients montrant une efficacité thérapeutique du valaciclovir. Ainsi, il faut dépister les patientes, 1/ sans sérologie antérieure positive, 2/ avant 14SA:

- si IgG+ et IgM- : stop

- si IgG - et IgM - : contrôle 1 fois par mois jusqu'à 14SA

si IgG + et IgM + : un test d'avidité est réalisé pour voir si l'infection a eu lieu en péri-conceptionnel (jusqu'à 8 semaines avant la conception)

- si IgG- et IgM+: une confirmation par PCR dans le sérum est requise ou a défaut un contrôle à 5 jours.

Dans ces 2 dernières situations, correspondant à des primo-infections récentes, débuter 2g x 4 par jour de valaciclovir "compassionnelle prise en charge à 100%" (noter sur l'ordonnance: Prescription au titre d’un accès compassionnel en dehors du cadre d’une autorisation de mise sur le marché) jusqu'à 18 SA, date à laquelle une amniocenthèse est à réaliser, avec une hydratation d'au moins 2L par jour et un contrôle de créatininémie à 7jours puis tous les 15 jours. Puis le CPDPN gèrera la suite selon la PCR-CMV sur liquide amniotique.

En cas de test pré-conceptionnel positif, il est recommandé de différer le projet de grossesse de 2 mois. 

Bon, il n'y a toujours pas d'évaluation médico-économique de toutes ces bilans et où une sérologie IgG+ IgM- ne protège pas d'une réinfection (mais les patientes pourraient être rassurées à tort et être moins vigilantes aux mesures de protections qui restent les gestes les plus importants pour éviter l'infection.)

En cherchant l'épidémiologie, la prévalence d'infection à CMV toucherai 0,37% des naissances liées à 52% pour des primo-infection et 48% pour des réinfections, et 2% des enfants infectés auront des séquelles. La reco vise donc à faire passer la fréquence des séquelles de 3,8 pour 100 000 naissances à 1,1 pour 100 000 (NNT= 37 000 si on se fie à l'efficacité du valaciclovir dans l'essai randomisé OR=0,29).


3/ Psychiatrie 

Des recommandations américaines sont "enfin" en faveur d'intégrer les cigarettes électroniques dans l'arsenal thérapeutique du sevrage tabagique. Les études montrant leur supériorité par rapport aux substituts sont ici.

 

4/ Endocrinologie

Voici un nouveau traitement de l'obésité: le survodutide, qui est un double agoniste des récepteur GLP1 et du glucagon. L'essai randomisé versus placebo a permis de montrer qu'il réduisait le poids de 13% environ (versus 5% avec placebo), avec des effets indésirables digestifs chez 90% des patients (vs 50% sous placebo) après 76 semaines de traitement. Les patients étaient non diabétiques et avaient un IMC d'environ 38.

 

5/ Bonus

Et pour finir, parce qu'on ne s'en lasse jamais, voici un essai randomisé qui a testé la vitamine D à forte dose pour améliorer la survie sans progression de patients avec un cancer du colon métastatique ! Bon, vous savez quoi? ça ne fonctionne pas non plus là dedans....

 

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@Dr_Agibus

 

 

lundi 31 août 2026

Dragi Webdo n°535 : HAS (épaule, acouphènes, maladie coeliaque, vaccins grippe et pneumocoque ) , CMG (sommeil, aide à la procréation), risque cardiovasculaire, statine et sujet âgé, analogues du GLP-1, antidépresseurs/psychothérapie, AINS locaux

 Bonjour ! Nous espérons que vous avez passez un bel été. Voici la reprise avec les actualités de ces 2 derniers mois. Comme c'est dense, c'est un peu en accéléré ! Bonne lecture !

 

1/ Cardiovasculaire

Cette étude a comparé dans une cohorte américaine la différence de classification du risque cardiovasculaire selon l'ancien score américain "PCE-ASCVD" et le nouveau score "PREVENT". Globalement, le nouveau score conduit à une légère diminution du risque chez les patients intermédiaires avec un peu plus de patients "borderline" (risque de: 5%-7,5%) et un peu moins de patient "intermédiaires" (7,5%-20%). Il n'y a pas de différence sur les risques faibles (<5%) et élevé (>20%)

 

On l'attendait depuis des années, voici les résultats de l'étude SAGA ! Des patients de plus de 75 ans sous statines en prévention primaire, ont été randomisés en "déprescription" vs "poursuite". Après 3 ans, il n'y avait pas de différence de survenue d'évènements cardiovasculaires, de mortalité cardiovasculaire ou de mortalité globale. Certains diront que c'est parce que 3 ans était un suivi trop court, mais la pertinence clinique de cette différence resterait douteuse...


2/ Rhumatologie

La HAS a publié des recommandations sur l'épaule douloureuse, en complément de celles de 2023. Les recommandations de 2026 concernent les indications chirurgicales. Tout d'abord, la chirurgie ne se discute qu'après 6 mois de traitement médico-fonctionnel pour les ruptures dégénératives. Une à 2 infiltrations de corticoïdes sont proposées également. Le bilan pré-opératoire requiert des radiographies 3 rotations de face et 1 faux profil, ainsi qu'une imagerie en coupe (IRM en 1ère intention). La suite des éléments est spécialisée, mais voici une coupe de la coiffe.


 

3/ ORL

Voici maintenant des recommandations HAS concernant les acouphènes invalidants. Ils sont dits persistants après 6 mois et la sévérité est évaluée avec le score THI (>58 = sévère). Les signes de prise en charge en urgences sont dans le tableau ci dessous, auquel il faut ajouter l'indication d'IRM encéphalique et des conduits internes si acouphène unilatérale ou associé a une surdité unilatérale ou à des troubles audio-vestibulaires fluctuants et en cas d'acouphènes pulsatiles. La prise en charge repose essentiellement sur prise en charge multidisciplinaire, des TCC ou sur des implants cochléaires si surdité associée.

 


4/ Infectiologie

On continue avec la HAS qui recommande la vaccination antigrippale chez les patients de plus de 65 ans résidant en collectivité mais sans obligation. Cependant, elle recommande une obligation vaccinale des professionnels de santé pour les professionnels de santé, avec une priorité sur ceux travaillant en EHPAD.

La HAS recommande aussi de modifier les vaccins pneumocoque, en utilisant désormais le Prevenar 20 (VPC 20) chez les nourrissons et l'nefant,  et le Capvaxive (VPC21) chez les patients de 65 ans et plus, et les adultes de plus de 18 ans avec risques d'infections à pneumocoque (incluant les soudeurs).

 

5/ Psychiatrie

Cette revue systématique s'intéresse à l'efficacité des antidépresseurs en complément des psychothérapies. Alors que l'analyse principale sur les 7 essais inclus ne montre pas de bénéfice, on peut voir que l'analyse des 4 études avec un faible risque de biais montre un bénéfice de cette association avec une efficacité modérée (SMD= 0,36). Il serait donc nécessaire d'avoir des essais moins biaisés pour pouvoir conclure...

Le CMG a publié une fiche sur la qualité du sommeil. Elle contient des ressources pour les médecins (questionnaires de qualité de sommeil, différents diagnostics atypiques comme les jambes sans repos ou les mouvements périodiques des jambes) et des ressources pour les patients (règles du sommeil, liens vers des applications de TCC de l'insomnie...)

 

6/ Gastro entérologie

La HAS, très active cet été, a publié des recommandations sur le diagnostic de la maladie coeliaque (MC), très proches de celles de pédiatrie de 2022 (cf ici). Les symptômes peuvent être digestifs (à peu près tout est possible) et extra-digestifs (trouble de croissance, retard pubertaire, infertilité, troubles neurologiques, arthralgies inexpliquées...) qui requièrent une recherche de MC. Des carences (fer, B9, B12) ou une cytolyse inexpliquée ou des facteurs de risques (MC au 1er degré, maladie auto-immune, trisomie 21, Turner, pancréatites récidivantes, ou lymphome intestinal) sont également des indications de dépistage. Il est important qu'il n'y ait pas de régime sans gluten avant les bilans. Il faut alors doser les IgA anti-transglutaminases et les IgA totales. 

- Si les IgA anti-TG sont >10N, les IgA anti-endomysium sont indiquées pour poser le diagnostic. Les auteurs recommandent quand même un avis spécialisé avant de débuter le régime sans gluten (mouais....)

- Si les IgA anti-TG sont positives et < 10N, un avis spécialisé est indiqué. 

- Si les IgA anti-TG sont négatives avec des IgA normales et en l'absence de forte suspicion clinique ou de dermatite herpétiforme, le diagnostic peut être exclus. 

- Si les IgA anti TG sont négatives et IgA totales absentes, il faut doser des IgG anti-TG et prendre un avis spécialisé.

- Enfin, si le patient était sans gluten, il faut le réintroduire: 

7/ Gynécologie

Le CMG a publié une intéressante fiche sur le parcours d’assistance médicale à la procréation (AMP). Le bilan minimal s'initie après 12 mois d'échec avant 35 ans et après 6 mois après 35 ans, ou n'importe quand si suspicion (cycles irréguliers, endométriose...). Il comporte un examen clinique des organes génitaux, un bilan à la recherche des IST, un spermogramme chez l'homme et une échographie pelvienne et dosages hormonaux au 3ème jour du cycle (FSH, LH, E2, TSH, PRL) chez la femme. Sont prise en charge à 100% 6 inséminations et 4 FIV, avant l'age de 45 ans de la femme qui portera l'enfant et 60 ans de la personne du couple qui ne portera pas l'enfant. Enfin, tout cela est possible grâce au don de gamètes, alors, pensez-y!

 

8/ Endocrinologie

Voici une nouvelle revue systématique du BMJ comparant les différents traitements anti-obésité sur la perte de poids, les effets secondaires, le risque de fatigue et la qualité de vie. On y voit que ce n'est pas forcément parce qu'on perd beaucoup de poids que la qualité de vie est mieux 

 


9/ Rhumatologie

Et pour finir, voici un article de la nouvelle revue soeur d'Exercer, qui s'intitule "French Academic Journal of Primary Care" (FAJPC pour les intimes). Cette revue systématique s'est intéressée aux AINS topiques dans les tendinopathies et n'a pu inclure que 4 essais à faible risque de biais. Le kétoprofène et l'acide niflumique semblaient être les traitements les plus efficace sur la douleur en activité et au repos. Les données sont faibles pour le diflofenac. Enfin, notons que l'ibuprofène n'était pas dans les essais retenus et rappelons que selon Prescrire, le kétopforène gel a un risque supérieur de réactions cutanées.

 

C'est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur FacebookTwitter/X, Bluesky, LinkedIn, Mastodon et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail tout en haut à droite sur la page (sans oublier de confirmer l'inscription dans le mail provenant de "hi@follow.it" et intitulé "Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek", qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)

 A la semaine prochaine !

@Dr_Agibus

 

dimanche 5 juillet 2026

Dragi Webdo n°534 : Hantavirus (HCSP), insuffisance cardiaque (recos US), Covid (Recos US), polyglobulie, lombalgie, THM, paracetamol/autisme

Bonjour ! C'était très sympathique de vous croiser à la #Wonca2026 ! Revivez les grands moments sur BlueskyX/Twitter, et via l'application du congrès pour les sessions enregistrées. Et sur ce, voici le dernier Dragi Webdo avant la pause estivale : bonne lecture !

 

1/ Pharmacovigilance

D'après une étude d'Epi-Phare, le nombre de prescriptions de traitements hormonaux substitutifs repart à la hausse pour atteindre 4,4% d'utilisation chez les femmes de 45-60 ans après une décroissance progressive entre 2012 et 2022 (6,6% à 3,6). L'utilisation est majoritairement transdermique (87%), chez des femmes de niveau socio-économique élevé, avec une prescription par un gynécologue libéral dans plus de 50% des cas. Il y a tout de même environ 17% des utilisatrices avec une "maladie cardio-métabolique" (surtout HTA), et ce chiffre atteint 37% des patientes de plus de 60 ans encore sous THM... malgré les risques bien établis (cf ici et )


 Cette essai émulé à partir des données des vétérans américaines a étudié la tolérance des vaccins antigrippal et anti-COVID co-administrés versus vaccin antigrippal seul.  A 90 jours, il n'y avait pas de différence d'effets indésirables graves, ni cliniquement significatifs, ni mineurs, ce qui est rassurant quant à cette co-administration.

Voici une nouvelle étude s'intéressant au risque d'autisme suite à la prise de paracétamol pendant la grossesse (on en avait parlé ici). Dans cette étude de cohorte chinoise a apparié les frères et sœurs dans des familles avec une "discordance" sur la prise de paracétamol entre les différentes grossesses. Ainsi, les auteurs ne retrouvent pas d'association entre la prise de paracétamol et les risques de TSA ou de TDAH dans des cohortes d'environ 100 000 patients, ce qui est rassurant et concordant avec les données des autres études.

 

2/ Cardiovasculaire

On avait déjà abordé ici et , l'hypercholestérolémie familiale. Cette synthèse du JAMA reprend les points essentiels en s'appuyant notamment sur les recos américaines. Le point de divergence principal reste sur le dépistage, recommandé de façon "universelle" entre 9 et 11 ans puis tous les 5 ans à partir de 19 ans, alors que les études montrent que cette stratégie n'est pas cout-efficace (cf ici). Le plus important est d'y penser en cas de LDL > 1,90g/L ou d'éléments cliniques et de dépister les apparentés.

 

 

L'AHA/ACC a publié des recommandations concernant la définition de l'insuffisance cardiaque (IC). Cela reste un syndrome clinique basé sur l'association de symptômes cliniques (dyspnée, crépitants, turgescence jugulaire, oedèmes...) avec des anomalies biologiques (nt-pro-bnp/bnp) ou radiologiques (sur RXT ou à l'échographie cardiaque directement). Les auteurs rendent plus "pragmatiques" les catégories d'insuffisance cardiaque, regroupant la modérément réduite et la réduite, car modérément réduit, c'est quand même anormale. Ce qui donne IC à FE préservée (FE > 50%), IC à FE altérée (FE < 50%) et une nouvelle catégorie : IC à FE restaurée ou "improved HF" (anciennement < 50% redevenue > 50%). Bien qu'ils disent que cela simplifie, en fait on est probablement dans du disease mongering, car la "pentathérapie d'insuffisance cardiaque" est efficace si FE < 35% et pas entre 35% et 50%, donc si on les regroupe, risque de traiter inutilement beaucoup de patients... Ensuite, peu d'étude ont étudié le maintien des traitements ou leur arrêt pour les patients avec FE restaurée, il faut donc développer la recherche sur cette nouvelle catégorie. Enfin, les auteurs ont créé des stades d'IC qui intègrent encore une fois des patients asymptomatiques: stade A: facteurs de risque (HTA, diabète...), stade B: modifications échographiques ou biologique sans symptômes, stade C: IC symptomatique, stade D: IC symptomatique sévère (réfractaire au traitement optimal, hospitalisations récurrentes, dyspnée au moindre effort)

 

3/ Rhumatologie

On avait parlé des traitements non pharmacologiques dont la méditation pleine conscience dans les lombalgies ici. Voici un essai randomise du JAMA internal medicine qui compare la médication pleine conscience aux soins courants dans la lombalgie. A 6 mois, la méditation réduisait significativement le score PEG (Pain, Enjoyment of Life and General Activity), mais cette réduction n'atteignait pas le seuil de pertinence clinique. 

 

4/ Hématologie

Cet article parle des bilans de polyglobulie en médecine interne. On va se concentrer sur ce qui sera utile pour les généralistes, en commençant par la définition: Hb > 16,T g/dL chez l'homme ou > 16,0 g/dL chez la femme. Les causes principales rechercher sont: un prurit aquagénique, le tabagisme, le SAOS et la iatrogénie (diurétiques, iSGLT2, androgènes). Le bilan de débrouillage comporte un ionogramme et une protidémie (hémoconcentration), dosage d'EPO (cause secondaire si élevé, Vaquez si basse) et gaz du sang (plus dur à faire en ville ceux là...), une échographie abdominale (recherche de tumeurs abdo) et un bilan martial et d'hémolyse. Si tout est normal, on adresse à l'hématologue pour mesure isotopique du volume globulaire et recherche de mutation JAK2. Il existe également un score le TRAJAK qui peut permettre de ne pas suspecter une polyglobulie primitive si tous les critères sont absents : nombre d’hématies ≥ 6,57 T/L, basophiles ≥ 0,1 G/L et plaquettes ≥ 300 G/L (Se: 98%, Sp: 94%, VPP: 94%, VPN: 95% mais en milieu hospitalier).

 

5/ Infectiologie

Retour sur le  Nirmatrelvir/ritonavir (Paxlovid), qui reste recommandé par les américains chez les patients avec facteurs de risque de COVID sévère, malgré l'absence de bénéfice dans une population vaccinée, comme on l'avait vu ici...

Le HCSP a publié des recommandations pour les voyageurs exposés au Hantavirus, c'est à dire notamment pour les voyages en Argentine et au Chili en milieu rural. La prévention repose sur l'évitement des contacts avec les rongeurs, l’aération des locaux et le port de protection pour les activités à risque. Une fièvre dans les 6 semaines (incubation jusqu'à 45 jours) après une exposition possible doit conduire à l'isolement, au port du masque et à un RDV médical via le 15. Les infos décrites ici concernant le virus sont également confirmée dans l'avis du HCSP.


Voilà c'est terminé ! Vous pouvez toujours vous abonner sur FacebookTwitter/X, Bluesky, LinkedIn, Mastodon et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail tout en haut à droite sur la page (sans oublier de confirmer l'inscription dans le mail provenant de "hi@follow.it" et intitulé "Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek", qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)

 On se retrouve fin août, bonnes vacances !

@Dr_Agibus


lundi 29 juin 2026

Dragi Webdo n°533 : Chlordécone (HAS), infections urinaires masculines (SPILF), protection vectorielle (HCSP), lésions CIN2, dépistage PSA, streptocoque, diverticulite, douleur/TCC

Bonjour, ça y est : c'est la  #WONCA2026! Si vous ne savez pas quoi faire le jeudi 2 juillet de 8h à 9h en  (oui, c'est tôt...), rendez-vous à la session "Actualités" en salle 252B. Concernant les actualités scientifiques, on parlera de traitements de l’obésité, de cystite masculine, de risques liés aux progestatifs, de prévention de la bronchiolite, de cancer de la prostate et des changements en cardiologie ! 

 

 En attendant, bonne lecture !

1/ Pharmacovigilance

 La HAS publie des recommandations concernant la Chlordécone. Bien que son  utilisation soit interdite depuis 1993, elle reste présente dans les sols, notamment aux Antilles où elle a été massivement utilisée. Chez l'enfant, elle est responsable de troubles du neuro-développement, de croissance et hormonaux. Chez l'adulte, elle est impliquée dans d'infertilité des femmes exposées et dans des cancers de prostate chez l'homme. La HAS recommande un dosage de chlordéconémie chez les enfants vivant à proximité des zones contaminées, les travailleurs agricoles, les couples avec projets de grossesse (tous les 6 mois) et femmes enceintes (tous les 3 mois) et les nourrissons sur sang de cordon si chlordéconémie positive chez la mère pendant la grossesse. En cas de chlordéconémie détectable, une fiche d'information pour réduire l'exposition (elle disparait totalement après 3 ans sans réexposition...). En cas de chlordéconémie > 0,4µg/L, le patient doit également être orienté vers un centre de référence de pathologies professionnelles. Chez l'homme, un dépistage du cancer de la prostate est discuté à partir de 45 ans.

 

2/ Oncologie

Cette essai émulé d'Annals of internal medicine a comparé le traitement immédiat versus différé des lésions CIN-2 du col de l'utérus. A 3 ans, le risque de cancer du col était similaire chez les femmes quel que soit le groupe  (0.4% vs 0.4%) et pareil pour les CIN 3+ (8.9% vs. 10.3%) . On peut donc éviter des traitements chirurgicaux en patientant, ce qui est concordant avec ce qu'on avait vu ici.

 Voici un article comparant le dépistage du cancer de prostate par PSA au protocole "Stockolm-3" intégrant le PSA, des biomarqueurs protéiques, un score polygénique et des éléments cliniques (âge, antécédents familiaux de cancer de prostate et antécédents personnels de biopsie de prostate). Les auteurs trouvent que les performances de Stockolm-3 sont meilleures que l'utilisation du PSA avec moins de faux négatifs (10% vs 26%) soit une meilleure sensibilité (90% vs 74%) et à peu près autant de faux positifs (10%) soit une spécificité similaire de 90%.

 

3/ Infectiologie

L'actualisation des recommandations de la SPILF pour les infections masculines est en cours de publication. Il y a maintenant 4 entités. 

- La cystite de l'homme, signes fonctionnels urinaires sans fièvre ni douleurs lombaires : traitable par fosfomycine, nitrofurantoine et pevmecilinam après réalisation d'un ECBU pour adaptation avec les mêmes options plus amoxicilline et trimethoprime pour 7j de traitement (sauf fosfomycine J1-J3-J5). Ni la BU, ni une biologie ni une imagerie ne sont indiquées.  

- La prostatite, signes fonctionnels et fièvre : l'ECBU est recommandé, la créatinine est indiquée si maladie rénale chronique ou traitement influençant (AINS, IEC, thiazidiques). Pas de BU, pas d'imagerie, pas de PSA, pas de CRP. Le traitement probabiliste recommandé est la levofloxacine ou ciprofloxacine (en l'absence de quinolones dans les 6 mois) ou ceftriaxone, et après antibiogramme, le co-trimoxazole est recommandé en 1er lieu, puis les fluoroquinolones, le traitement étant de 14 jours.

- La pyélonéphrite: fièvre et douleur lombaire et signes fonctionnels souvent absents. C'est comme la prostatite, mais: un scanner abdominal est recommandé systématiquement et le traitement après antibiogramme est l'amoxicilline en 1er lieu, puis le co-trimoxazole, puis l'amoxicilline-acide clavulanique, et seulement après les fluoroquinolones et le cefixime. Le traitement est de 7 jours pour les FQ et le co-trimoxazole, et 10 jours pour les autres traitements.

- L'orchite, douleur et oedeme testiculaire, écoulement, signes fonctionnels : les auteurs recommandent l'ECBU, la PCR chlamydia-gonocoque (et reste du bilan IST). L'échographie est recommandée si doute diagnostic. Le traitement probabiliste est le même que pour prostatite et pyélonéphrite, et l'adaptation fait ensuite privilégier le co-trimoxazole sur les FQ, la durée de traitement étant de 10 jours. En l'absence de documentation bactérienne, le traitement initial peut être poursuivi ou diminué pour du co-trimoxazole

Enfin, les auteurs recommandent à distance, une échographie  pour mesure du RPM, toucher rectal et IPSS après toute 1ere infection urinaire masculine et d'adresser si IPSS > 7, RPM > 100ml, age < 40 ans, infection récurrente, hématurie, TR anormal, ou anomalie à l'imagerie (avis d'expert).

 

En 2024, le CS du CNGE avait "choqué" certains infectiologues avec sa proposition de ne faire des TROD streptococciques qu'en cas de symptômes intenses, vu les faibles bénéfices du traitement antibiotique. En effet, il y avait une augmentation des infections invasives à streptocoques... Voici une étude venant appuyer la proposition du CNGE ou au moins rassurer sur ce risque. En effet, cette étude suédoise, trouve que le nombre de TROD pour éviter une infection invasive serait de 45 000 à 110 000, et le nombre d'antibiothérapie pour en éviter une entre 12 000 et 110 000 car moins de 2% des infections invasives à streptocoques pourraient être prévenue et leur incidence est inférieure à 1 pour 10 000 enfants.

 

Alors que les américains ont les mêmes recos que nous dans les diverticulites aiguës, préconisant de ne pas traiter systématiquement par antibiotiques, cette étude de cohorte rétrospective sur 10 ans montre que plus de 95% des diverticulites sont traitées par antibiotiques. Le point "positif" est le switch des fluoroquinolones et métronidazole vers l'amoxicilline+acide clavulanique qui s'est opéré entre 2018 et 2021, soit 3 ans après la publication de la recommandation.

 

4/ Douleur

Voici un essai randomisé dans les douleurs chroniques, comparant une TCC dirigée par le patient, (asynchrone via internet, avec des feedbacks personnalisés quotidien, une éducation à la santé et un programme personnalisé de marche) à une TCC classique en présentiel dirigée par un clinicien pendant 11 semaines. La TCC asynchrone était supérieure à la TCC présentielle sur les critères de retentissement fonctionnel, d'intensité de douleur, de qualité de sommeil et de symptômes dépressifs à 4 mois et à 12 mois. L'adhésion aux séances était également meilleure. Cependant, les différences n'atteignaient pas le seuil de pertinence clinique minimal, sauf pour l'amélioration du sommeil.

 

5/ Voyageurs

Le HCSP a publié les recommandations de protection antivéctorielles. Les auteurs recommandent le port de vêtements couvrants, amples et de couleur claire. Les moustiquaires aux lits et aux ouvertures sont recommandées, tout comme l'utilisation de climatisation, de ventilateurs et de brasseurs d'air. Les répulsifs recommandés sont DEET, de l’IR3535 et du KBR3023 (ou icaridine), et doivent être appliqués 20min après l'application de la crème solaire. Les vêtements imprégnés par DEET ou IR3535 sont recommandés (à faire sur des vêtements en coton, durée: 8h, à refaire après chaque lavage). Ne sont pas recommandés: l'imprégnation des vêtements à la perméhtine, les bracelets répulsifs, l'ingestion de vitamine B ou d'ail (les arthropodes ne sont pas des vampires, hein!). Les raquettes électriques sont un  moyen d'appoint sans efficacité scientifique démontrée dont l'efficacité "relève essentiellement de l'habileté de l'utilisateur" (efficacité quasi démontré pour Sinner et Alcaraz?). Enfin, les pièges à moustiques et l’élimination des gites larvaires (vider, étanchéifier, débroussailler) sont recommandés.

 


Et c'est fini pour cette semaine ! On se voit peut être à la #WONCA2026 ! Vous pouvez toujours vous abonner sur FacebookTwitter/X, Bluesky, LinkedIn, Mastodon et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail tout en haut à droite sur la page (sans oublier de confirmer l'inscription dans le mail provenant de "hi@follow.it" et intitulé "Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek", qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)

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@Dr_Agibus

 

mercredi 24 juin 2026

Dragi Webdo n°532 : analogues du GLP1 (recos US), vaccin HPV/cancer , vaccin Zona/démence, lombalgie, prédiabète, neuroleptiques

Bonjour,  voici les actualités de la semaine. Bonne lecture !


1/ Pharmacovigilance 

L'ANSM insiste cette semaine sur le risque de constipation sous neuroleptiques, favorisé par l'effet anticholinergique. L'agence rappelle donc d'être vigilant sur les associations de traitements anticholinergiques, sur l'apparition de symptômes digestifs d'alerte (douleurs abdominales, diarrhées, constipation sévère), notamment chez les plus de 60 ans. En cas de fécalome par atonie colique, un arrêt du neuroleptique pourra être envisagé. L'OMEDIT pays de la Loire met a disposition un calculateur de la charge anticholinergique disponible ici (c'est le score d'imprégnation CIA qu'il faut regarder).

 

2/ Oncologie

Après ces 4 études (ici et ), voici une 5eme étude modélisant l'efficacité du vaccin anti-HPV sur les cancers du col de l'utérus (et non les lésions précancéreuses). Cet article du Lancet étudie le décès par cancer du col entre 2001 et 2024 chez les patients de  20 à 35 ans selon leur statut vaccinal dans une étude populationnelle observationnelle. Les auteurs trouvent des réductions de mortalité par CCU de 100% pour les patientes entre 20 et 29 ans pour lesquelles le taux de vaccination était supérieur à 50% (et d'environ 65% chez les 30-35 ans, de façon non significative)


 

3/ Neurologie

On avait parlé ici du moindre risque de démence après vaccin anti-Zona. Cette étude de cohorte a inclus 500 000 patients en maison de retraite et comparé la survenue de démence à 4 ans chez ceux qui ont été vaccinés par vaccin zona recombinant avec les non vaccinés. La vaccination Zona était associée à une réduction relative de 24% du risque de démence soit un NNT de 18 patients à 4 ans (19% vs 25%). Encore une fois, le bénéfice semblait significatif chez les femmes mais pas chez les hommes, comme dans l'étude de Nature. Un vrai essai randomisé serai maintenant nécessaire.

 

4/ Rhumatologie

Le JAMA a publié une synthèse sur les lombalgies, qui sont dans 90% des cas non spécifiques et liées à diverses dysfonctions musculaires et ligamentaires combinées à des facteurs psychologiques, professionnels et sociaux. Il y a 5 à 10% des patients avec une radiculalgie, et 30% des patients ne se souviennent pas d'un événement déclencheur. L'examen va rechercher les drapeaux rouges en faveurs de cancer (antécédent de cancer), d'infection (geste chirurgical, immunodépression, fièvre), de SPA (avant45 ans, raideur, syndrome inflammatoire), ou de fractures. Pour les fractures, l'âge de plus de 70 ans, un traumatisme sévère, de l'ostéoporose ou une prise de corticoïdes au long cours sont des éléments en faveur. En l'absence de signe de gravité, aucune imagerie n'est requise. Une IRM est recommandée en urgence si syndrome de queue de cheval, déficit neurologique, suspicion d’infection ou de cancer. Si la douleur ne s'est pas améliorée après 1 mois de traitement bien conduit (kiné, antalgiques), une IRM est indiquée si indication chirurgicale, une radio est indiquée si suspicion de SPA, et une radio ou un scanner est indiquée si suspicion de fracture. Le traitement repose sur les AINS qui réduisent la douleur et le retentissement fonctionnel, les myorelaxants qui réduisent la douleur mais n'améliorent pas la fonction, et le paracétamol (qui ne réduit rien...). Dans les lombalgies chroniques, la duloxétine réduit la douleur et améliore la fonction, tout comme les opioïdes mais leurs risques font qu'ils ne sont classiquement pas recommandés. La prise en charge non médicamenteuse est également indiquée avec des effets positifs sur la douleur et la fonction, notamment: l'éducation, l'activité physique, la kiné, et les TCC.

 


5/ Endocrinologie

Dans les années 90, l'essai DPP a inclus 3000 patients prédiabétiques et les a randomisés en placebo, metformine et règles hygiéno-diététiques. Après la fin de l'étude, l'aveugle a été levé, le placebo a été arrêté et 1200 patients ont été suivis pendant 20 ans dans l'étude DPPOS. Voici les résultats de cette étude étendue dont le critère de jugement était la survenue de multimorbidité des patients. Il n'y a pas eu de différence de multimorbidité entre les patients du groupe placebo et du groupe metformine. Il y avait moins de multimorbidité (définie comme au moins 3 maladies chroniques: 72% vs 81%) chez les patients du groupe RHD, et notamment moins de diabète, d'HTA et de BPCO.

 

Annals of Internal Medicine a publié 3 articles sur le traitement de l'obésité appuyant les nouvelles recommandations du collège de médecine américain : la recommandation, la revue systématique des données, et l'étude de cout-efficacité. En revue systématique avec au moins 1 essai "positif, on voit que le semaglutide réduit la mortalité globale et les événements cardiovasculaires, et que le liraglutide réduit les événements cardiovasculaires. Le tirzépatide réduit les événements cardiovasculaires mais aucun essai individuel n'a réussi a mettre en évidence ce bénéfice, ce qui réduit fortement sa porté. La qualité de vie était améliorée par le liraglutide, le bupropion-naltrexone, le phéntermine-topiramate et, pour la partie fonction seulement, le tirzépatide. La perte de poids était la plus importante avec le tirzépatite et le semaglutide. Les effets secondaires graves étaient légèrement augmentés avec le liraglutide, et les arrêts pour effets indésirables étaient également plus fréquents avec tous les analogues du GLP1 et le tirzépatide.

D'un point de vue cout-efficacité, les auteurs ont conclu que le liraglutide était faiblement cout-efficace et que le phentermine–topiramate et le tirzepatide l'étaient fortement par rapport aux RHD, et que le semaglutide était cout-efficace par rapport au liraglutide et aux autres traitements non aGLP1 (pas de comparaison avec le tirzépatide)

Ainsi les auteurs recommandent le semaglutide ou tirzépatide en 1ere intention chez les patients avec IMC > 30, puis phentermine–topiramate, liraglutide et naltrexone-bupropion (dans cet ordre). Chez les patients avec IMC > 27 et comorbidités (diabète, HTA, SAOS, maladie cardiovasculaire, dyslipidémie), ils suggèrent le semaglutide ou tirzépatide en 1ère intention et le liraglutide en 2eme intention. 

 

 

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