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dimanche 5 juillet 2026

Dragi Webdo n°534 : Hantavirus (HCSP), insuffisance cardiaque (recos US), Covid (Recos US), polyglobulie, lombalgie, THM, paracetamol/autisme

Bonjour ! C'était très sympathique de vous croiser à la #Wonca2026 ! Revivez les grands moments sur BlueskyX/Twitter, et via l'application du congrès pour les sessions enregistrées. Et sur ce, voici le dernier Dragi Webdo avant la pause estivale : bonne lecture !

 

1/ Pharmacovigilance

D'après une étude d'Epi-Phare, le nombre de prescriptions de traitements hormonaux substitutifs repart à la hausse pour atteindre 4,4% d'utilisation chez les femmes de 45-60 ans après une décroissance progressive entre 2012 et 2022 (6,6% à 3,6). L'utilisation est majoritairement transdermique (87%), chez des femmes de niveau socio-économique élevé, avec une prescription par un gynécologue libéral dans plus de 50% des cas. Il y a tout de même environ 17% des utilisatrices avec une "maladie cardio-métabolique" (surtout HTA), et ce chiffre atteint 37% des patientes de plus de 60 ans encore sous THM... malgré les risques bien établis (cf ici et )


 Cette essai émulé à partir des données des vétérans américaines a étudié la tolérance des vaccins antigrippal et anti-COVID co-administrés versus vaccin antigrippal seul.  A 90 jours, il n'y avait pas de différence d'effets indésirables graves, ni cliniquement significatifs, ni mineurs, ce qui est rassurant quant à cette co-administration.

Voici une nouvelle étude s'intéressant au risque d'autisme suite à la prise de paracétamol pendant la grossesse (on en avait parlé ici). Dans cette étude de cohorte chinoise a apparié les frères et sœurs dans des familles avec une "discordance" sur la prise de paracétamol entre les différentes grossesses. Ainsi, les auteurs ne retrouvent pas d'association entre la prise de paracétamol et les risques de TSA ou de TDAH dans des cohortes d'environ 100 000 patients, ce qui est rassurant et concordant avec les données des autres études.

 

2/ Cardiovasculaire

On avait déjà abordé ici et , l'hypercholestérolémie familiale. Cette synthèse du JAMA reprend les points essentiels en s'appuyant notamment sur les recos américaines. Le point de divergence principal reste sur le dépistage, recommandé de façon "universelle" entre 9 et 11 ans puis tous les 5 ans à partir de 19 ans, alors que les études montrent que cette stratégie n'est pas cout-efficace (cf ici). Le plus important est d'y penser en cas de LDL > 1,90g/L ou d'éléments cliniques et de dépister les apparentés.

 

 

L'AHA/ACC a publié des recommandations concernant la définition de l'insuffisance cardiaque (IC). Cela reste un syndrome clinique basé sur l'association de symptômes cliniques (dyspnée, crépitants, turgescence jugulaire, oedèmes...) avec des anomalies biologiques (nt-pro-bnp/bnp) ou radiologiques (sur RXT ou à l'échographie cardiaque directement). Les auteurs rendent plus "pragmatiques" les catégories d'insuffisance cardiaque, regroupant la modérément réduite et la réduite, car modérément réduit, c'est quand même anormale. Ce qui donne IC à FE préservée (FE > 50%), IC à FE altérée (FE < 50%) et une nouvelle catégorie : IC à FE restaurée ou "improved HF" (anciennement < 50% redevenue > 50%). Bien qu'ils disent que cela simplifie, en fait on est probablement dans du disease mongering, car la "pentathérapie d'insuffisance cardiaque" est efficace si FE < 35% et pas entre 35% et 50%, donc si on les regroupe, risque de traiter inutilement beaucoup de patients... Ensuite, peu d'étude ont étudié le maintien des traitements ou leur arrêt pour les patients avec FE restaurée, il faut donc développer la recherche sur cette nouvelle catégorie. Enfin, les auteurs ont créé des stades d'IC qui intègrent encore une fois des patients asymptomatiques: stade A: facteurs de risque (HTA, diabète...), stade B: modifications échographiques ou biologique sans symptômes, stade C: IC symptomatique, stade D: IC symptomatique sévère (réfractaire au traitement optimal, hospitalisations récurrentes, dyspnée au moindre effort)

 

3/ Rhumatologie

On avait parlé des traitements non pharmacologiques dont la méditation pleine conscience dans les lombalgies ici. Voici un essai randomise du JAMA internal medicine qui compare la médication pleine conscience aux soins courants dans la lombalgie. A 6 mois, la méditation réduisait significativement le score PEG (Pain, Enjoyment of Life and General Activity), mais cette réduction n'atteignait pas le seuil de pertinence clinique. 

 

4/ Hématologie

Cet article parle des bilans de polyglobulie en médecine interne. On va se concentrer sur ce qui sera utile pour les généralistes, en commençant par la définition: Hb > 16,T g/dL chez l'homme ou > 16,0 g/dL chez la femme. Les causes principales rechercher sont: un prurit aquagénique, le tabagisme, le SAOS et la iatrogénie (diurétiques, iSGLT2, androgènes). Le bilan de débrouillage comporte un ionogramme et une protidémie (hémoconcentration), dosage d'EPO (cause secondaire si élevé, Vaquez si basse) et gaz du sang (plus dur à faire en ville ceux là...), une échographie abdominale (recherche de tumeurs abdo) et un bilan martial et d'hémolyse. Si tout est normal, on adresse à l'hématologue pour mesure isotopique du volume globulaire et recherche de mutation JAK2. Il existe également un score le TRAJAK qui peut permettre de ne pas suspecter une polyglobulie primitive si tous les critères sont absents : nombre d’hématies ≥ 6,57 T/L, basophiles ≥ 0,1 G/L et plaquettes ≥ 300 G/L (Se: 98%, Sp: 94%, VPP: 94%, VPN: 95% mais en milieu hospitalier).

 

5/ Infectiologie

Retour sur le  Nirmatrelvir/ritonavir (Paxlovid), qui reste recommandé par les américains chez les patients avec facteurs de risque de COVID sévère, malgré l'absence de bénéfice dans une population vaccinée, comme on l'avait vu ici...

Le HCSP a publié des recommandations pour les voyageurs exposés au Hantavirus, c'est à dire notamment pour les voyages en Argentine et au Chili en milieu rural. La prévention repose sur l'évitement des contacts avec les rongeurs, l’aération des locaux et le port de protection pour les activités à risque. Une fièvre dans les 6 semaines (incubation jusqu'à 45 jours) après une exposition possible doit conduire à l'isolement, au port du masque et à un RDV médical via le 15. Les infos décrites ici concernant le virus sont également confirmée dans l'avis du HCSP.


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 On se retrouve fin août, bonnes vacances !

@Dr_Agibus


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