Bonjour, voici les actualités de la semaine. Bonne lecture !
1/ Pharmacovigilance
L'ANSM insiste cette semaine sur le risque de constipation sous neuroleptiques, favorisé par l'effet anticholinergique. L'agence rappelle donc d'être vigilant sur les associations de traitements anticholinergiques, sur l'apparition de symptômes digestifs d'alerte (douleurs abdominales, diarrhées, constipation sévère), notamment chez les plus de 60 ans. En cas de fécalome par atonie colique, un arrêt du neuroleptique pourra être envisagé. L'OMEDIT pays de la Loire met a disposition un calculateur de la charge anticholinergique disponible ici (c'est le score d'imprégnation CIA qu'il faut regarder).
2/ Oncologie
Après ces 4 études (ici et là), voici une 5eme étude modélisant l'efficacité du vaccin anti-HPV sur les cancers du col de l'utérus (et non les lésions précancéreuses). Cet article du Lancet étudie le décès par cancer du col entre 2021 et 2024 chez les patients de 20 à 35 ans selon leur statut vaccinal dans une étude populationnelle observationnelle. Les auteurs trouvent des réductions de mortalité par CCU de 100% pour les patientes entre 20 et 29 ans pour lesquelles le taux de vaccination était supérieur à 50% (et d'environ 65% chez les 30-35 ans, de façon non significative)
3/ Neurologie
On avait parlé ici du moindre risque de démence après vaccin anti-Zona. Cette étude de cohorte a inclus 500 000 patients en maison de retraite et comparé la survenue de démence à 4 ans chez ceux qui ont été vaccinés par vaccin zona recombinant avec les non vaccinés. La vaccination Zona était associée à une réduction relative de 24% du risque de démence soit un NNT de 18 patients à 4 ans (19% vs 25%). Encore une fois, le bénéfice semblait significatif chez les femmes mais pas chez les hommes, comme dans l'étude de Nature. Un vrai essai randomisé serai maintenant nécessaire.
4/ Rhumatologie
Le JAMA a publié une synthèse sur les lombalgies, qui sont dans 90% des cas non spécifiques et liées à diverses dysfonctions musculaires et ligamentaires combinées à des facteurs psychologiques, professionnels et sociaux. Il y a 5 à 10% des patients avec une radiculalgie, et 30% des patients ne se souviennent pas d'un événement déclencheur. L'examen va rechercher les drapeaux rouges en faveurs de cancer (antécédent de cancer), d'infection (geste chirurgical, immunodépression, fièvre), de SPA (avant45 ans, raideur, syndrome inflammatoire), ou de fractures. Pour les fractures, l'âge de plus de 70 ans, un traumatisme sévère, de l'ostéoporose ou une prise de corticoïdes au long cours sont des éléments en faveur. En l'absence de signe de gravité, aucune imagerie n'est requise. Une IRM est recommandée en urgence si syndrome de queue de cheval, déficit neurologique, suspicion d’infection ou de cancer. Si la douleur ne s'est pas améliorée après 1 mois de traitement bien conduit (kiné, antalgiques), une IRM est indiquée si indication chirurgicale, une radio est indiquée si suspicion de SPA, et une radio ou un scanner est indiquée si suspicion de fracture. Le traitement repose sur les AINS qui réduisent la douleur et le retentissement fonctionnel, les myorelaxants qui réduisent la douleur mais n'améliorent pas la fonction, et le paracétamol (qui ne réduit rien...). Dans les lombalgies chroniques, la duloxétine réduit la douleur et améliore la fonction, tout comme les opioïdes mais leurs risques font qu'ils ne sont classiquement pas recommandés. La prise en charge non médicamenteuse est également indiquée avec des effets positifs sur la douleur et la fonction, notamment: l'éducation, l'activité physique, la kiné, et les TCC.
5/ Endocrinologie
Dans les années 90, l'essai DPP a inclus 3000 patients prédiabétiques et les a randomisés en placebo, metformine et règles hygiéno-diététiques. Après la fin de l'étude, l'aveugle a été levé, le placebo a été arrêté et 1200 patients ont été suivis pendant 20 ans dans l'étude DPPOS. Voici les résultats de cette étude étendue dont le critère de jugement était la survenue de multimorbidité des patients. Il n'y a pas eu de différence de multimorbidité entre les patients du groupe placebo et du groupe metformine. Il y avait moins de multimorbidité (définie comme au moins 3 maladies chroniques: 72% vs 81%) chez les patients du groupe RHD, et notamment moins de diabète, d'HTA et de BPCO.
Annals of Internal Medicine a publié 3 articles sur le traitement de l'obésité appuyant les nouvelles recommandations du collège de médecine américain : la recommandation, la revue systématique des données, et l'étude de cout-efficacité. En revue systématique avec au moins 1 essai "positif, on voit que le semaglutide réduit la mortalité globale et les événements cardiovasculaires, et que le liraglutide réduit les événements cardiovasculaires. Le tirzépatide réduit les événements cardiovasculaires mais aucun essai individuel n'a réussi a mettre en évidence ce bénéfice, ce qui réduit fortement sa porté. La qualité de vie était améliorée par le liraglutide, le bupropion-naltrexone, le phéntermine-topiramate et, pour la partie fonction seulement, le tirzépatide. La perte de poids était la plus importante avec le tirzépatite et le semaglutide. Les effets secondaires graves étaient légèrement augmentés avec le liraglutide, et les arrêts pour effets indésirables étaient également plus fréquents avec tous les analogues du GLP1 et le tirzépatide.
D'un point de vue cout-efficacité, les auteurs ont conclu que le liraglutide était faiblement cout-efficace et que le phentermine–topiramate et le tirzepatide l'étaient fortement par rapport aux RHD, et que le semaglutide était cout-efficace par rapport au liraglutide et aux autres traitements non aGLP1 (pas de comparaison avec le tirzépatide)
Ainsi les auteurs recommandent le semaglutide ou tirzépatide en 1ere intention chez les patients avec IMC > 30, puis phentermine–topiramate, liraglutide et naltrexone-bupropion (dans cet ordre). Chez les patients avec IMC > 27 et comorbidités (diabète, HTA, SAOS, maladie cardiovasculaire, dyslipidémie), ils suggèrent le semaglutide ou tirzépatide en 1ère intention et le liraglutide en 2eme intention.
C'est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur Facebook, Twitter/X, Bluesky, LinkedIn, Mastodon et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail tout en haut à droite sur la page (sans oublier de confirmer l'inscription dans le mail provenant de "hi@follow.it" et intitulé "Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek", qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)
A la semaine prochaine !


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire