description

Blog médical et geek de médecine générale :
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

Menu déroulant

MENU

mardi 14 avril 2026

Dragi Webdo n°522 : surcharge cardiaque, hypotension orthostatique, commotion cérébrale, canal carpien, déprescription levothyroxine, CCR et coloscopie chez le sujet âgé, stade diabète, maladie de Crohn

 Bonjour, voici les actualités de la semaine. Bonne lecture !

 

1/ Cardiologie

Un article du JAMA compare les différents signes cliniques, radiologiques et biologiques pour diagnostiquer une surcharge cardiaque. Dans l'ordre décroissant, les meilleurs signes (meilleur rapport de vraisemblance positifs) sont : le nt-pro-BNP >100, la radiographie thoracique, la turgescence jugulaire et les lignes B à l'échographie, qui ont des RV+ > 4.

 


Une revue systématique aborde l'hypotension orthostatique qui correspond à une baisse de 20mmHg de PAS ou 10mmHg de diastolique dans les 3 minutes en se relevant. La mesure "assis->debout" est encore peu validée mais les seuils de -15mmHg de PAS et -7mm de PAD semblent retenus. Les causes sont soit, non neurogènes (médicaments tels que bb-, diurétiques..., hypovolémie, excès de remplissage veineux et cardiologique tel que FA, insuffisance cardiaque), ou neurogènes (primaire comme Parkinson,  ou secondaire comme carence en B12, diabète, neuropathie, maladie auto-immune, tétraplégie). Les causes neurogéniques peuvent être suspectées si le ratio "variation de FC" / "baisse de PAS à 3min" est < 0,5. La prise en charge repose sur des apports (2L/jour, et 6-10g/j de sel en l'absence de contre indication), contention (plutôt collants), et se lever progressivement. Si c'est insuffisant : soit il y a une hypertension de décubitus uniquement et le traitement est plutôt de la droxidopa, soit il n'y en a pas et c'est midodrine ou droxidopa. Si c'est toujours un échec, il y a d'autres traitements (fludrocortisone, pyridostigmine, atomoxetine)

 


 2/ Traumatisme et rhumatologie

Cet article aborde les signes de commotion cérébrale chez l'enfant. Le brouillard cérébral, l'hypersensibilité au bruit ou à la lumière et les nausées sont les meilleurs signes cliniques. L'examen clinique trouvera souvent des anomalies aux 4 tests oculomoteurs suivants (il y a aussi des vidéos dans l'article): trouble de convergence, poursuite, mouvements saccadés et réflexe occulo-vestibulaire.


 
 Un essai randomisé a comparé des attelles de poignées versus bandages placebo dans la prise en charge du canal carpien. A 12 semaines, il n'y avait pas de différence sur un score évaluant les symptômes (CTS symptômes score) et il y avait autant d'opérations à 1 an. Pour mémoire les infiltrations semblaient efficaces à 6 mois (mais l'était autant que les attelles à 6 mois dans cette autre étude...)

 

3/ Gastro-entérologie

Voici quelques éléments concernant la maladie de Crohn tirées des recommandations américaines de 2025. Sur le diagnostic, la calprotectine fécale est recommandée avec un seuil de 50-100µg/g pour différencier les troubles digestifs non inflammatoires notamment en cas de diarrhée. Dans les suivi, les coloscopies sont indiquées tous les 2-3 ans à partir de 8 ans après le diagnostic pour réduire le risque de mortalité par cancer du colon. 

Et comme on parle de coloscopie, voici une étude de cohorte américaine incluant des patients de 75 ans qui ont eu une coloscopie antérieurement. Pour 28% d'entre eux, la coloscopie avait trouvé des adénomes. Après 10 ans de suivi, il y a eu 1,1% de cancer chez ceux ayant eu un adénome et 0,7% chez ceux sans adénome, avec des mortalités par cancer respectivement de 0,5% et 0,4%. En comparaison la mortalité par cause différente du cancer sur la période était de 47% environ. Ainsi, la mortalité par CCR est négligeable par rapport aux autres causes et les auteurs ne recommandent donc pas de poursuivre les coloscopies après 75 ans.


4/ Endocrinologie

Un article de diabétologie nous transporte vers de nouvelles définitions du diabète et probablement vers le sur-diagnostic. En effet nous avions vu que le pré-diabète était déjà associé à une augmentation du risque de complications (ici par exemple). Ainsi les auteurs proposent une classification en 3 stades: 

  • stade 1: glycémie normale mais augmentant en restant < 1g/L
  • stade 2: glycémie anormale (actuel pré-diabète, hbA1C entre 5,7 % et 6,4%)
  • stade 3: diabète nécessitant un traitement médicamenteux

Cela pourrait permettre d'insister davantage sur les RHD dès le prédiabète, mais le glissement n'est pas loin... 

 

Voici un essai monobras ayant évalué la déprescription de la levothyroxine (LT) chez les patients âgés de plus de 60 ans ayant une TSH < 10 et une dose de LT < 150µg/L. La décroissance était progressive, avec une diminution du LT entre 12,5µg/j et 25µg/j toutes les 6 semaines jusqu'à l'arrêt. Parmi les 370 participants 27% ont pu arrêter le LT en maintenant une TSH < 10 à 1 an. Il n'y avait pas de différence dans la qualité de vie des patients ayant réussi à arrêter la LT et ceux n'ayant pas réussi. Il n'avait pas non plus davantage de symptômes. Au contraire, ceux qui ont eu un échec de décroissance avaient eu davantage de symptômes, ce qui a pu conduire au maintien des doses. Il semble donc possible de déprescrire la LT chez certains patients âgés, notamment pour des doses < 50µg/j de LT.

 

C'est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur FacebookTwitter, Bluesky, LinkedIn et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail tout en haut à droite sur la page (sans oublier de confirmer l'inscription dans le mail provenant de "hi@follow.it" et intitulé "Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek", qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)

 A la semaine prochaine !

@Dr_Agibus

 


 

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire