Bonjour à toutes et tous ! Le blog se poursuit, mais il est possible qu'il soit un peu moins régulier compte tenu de la vie perso et pro qui sont sources d'occupations et de préoccupations. On essayera quand même de ne rien rater d'important ! Dans tous les cas, merci à vous pour votre soutien et vos encouragements depuis la création du blog il y a plus de 12 ans, et bonne lecture !
1/ Exercice médical
Pour commencer voici un essai randomisant l'influence du comportement du médecin devant des résultats "normaux". Si le médecin est chaleureux et fait preuve de compétences (c'est a dire posture droite, mouvements des mains limités et contrôlés vs peu de compétence: instable, dos vouté, jouant avec son stylo, parcourant fébrilement le dossier), les patients se sentaient plus rassurés, demandaient moins souvent un 2eme avis et moins de bilans complémentaires !
Cette étude a utilisé une méthode Delphi pour définir les tests rapides "au chevet du patient (point-of-care)" pour les médecins généralistes sur les périodes de gardes. Les 6 tests essentiels étaient: la glycémie, la bandelette urinaire, la micro-CRP, un test de grossesse urinaire, l'ECG et une mesure de l'hémoglobine. Une douzaine d'autres étaient optionnels (tropo, d-dimères, écho...) et une dizaine inutile.
2/ Néphrologie
Le BMJ s'est intéressé à l'hypomagnésémie , définie par un seuil < 0,7mmol/L et sévère si < 0,5mmol/L. Les symptômes sont variables : neuromusculaires (crampes, spasmes, fatigabilité, paresthésies, tremblements), cardiologiques (douleurs thoraciques, palpitations, dyspnée, malaise) et comportementaux (dépression, confusion, irritabilité, psychose, perte d’appétit...). En dehors des carences d'apport et malabsorptions, les principales causes sont liées à des pertes excessives : diarrhées/vomissements, médicaments (diurétiques, antibiotiques tels que les aminosides et ceux qui donnent de la diarrhée, digoxine, IPP, salbutamol, insuline, anti-cancéreux), le diabète, les brulures étendues et la consommation élevée d'alcool. Les causes héréditaires sont rares. En cas d'hypomagnésémie sévère, un ECG est recommandé et une prise en charge est indiquée si anomalies, sinon, une supplémentation orale est souvent suffisante: 24mmol/j pendant 1 semaine.
3/ Oncologie
Cet article du JAMA int med fait le point sur le dépistage du cancer du col de l'utérus en reprenant les recos américaines. Leur dépistage début à 21 ans , tous les 3 ans avec des cytologies, puis se poursuit de 30 à 65 ans avec des test HPV. A 65 ans c'est fini si les 2 derniers tests sont normaux, sinon on continue. Voici également leurs conduites à tenir en cas d'anomalies :
4/ Endocrinologie
Le Lancet aborde l'hypoparathyroidie. Ce n'est absolument pas MG, à part sur une découverte dans le cadre d'une hypocalcémie, mais leur figure 1, permet de bien resituer les différentes diagnostics liés à la PTH:
5/ Rhumatologie
Le JAMA aborde la polyarthrite rhumatoïde, qui se déclenche majoritairement chez des femmes de 55 à 75 ans. Elles se manifeste par des oedèmes et synovites des mains (poignets, MCP, IPP) , douloureux et symétriques. Ils sont "mous" contrairement à l'arthrose qui est liée à des déformations osseuses. Un dérouillage matinal de plus de 30min (souvent plusieurs heures) est présent chez 75% des patients. Le facteur rhumatoide et anticorps anti CCP (ACPA) permettent de définir la PR séropositive (mais ils peuvent apparaitre secondairement), et la CRP est souvent élevée. Un diagnostic sur les critères ACR-EULAR 2010 ≥ 6 permet de poser le diagnostic. L'activité peut être évaluée par le CDAI, le SDAI ou le DAS28-CRP. Le traitement de première intention est le méthotrexate débuté à 7,5 ou 10mg, et augmenté progressivement jusqu'à 20-25mg/semaine (0,3mg/kg) après 1-2 mois, en prise orale ou injectable (pas de différence d'efficacité mais l'injectable est parfois mieux toléré). Une supplémentation par acide folique de 7 à 15mg/semaine est indiquée. Initialement, de la prednisone 5-7,5mg/j pendant 3 mois peut être indiquée. L'objectif est d'obtenir une faible activité (CDAI < 10) voire une rémission (CDAI < 2,8). En cas de traitement insuffisant, d'autres thérapeutiques sont envisageables par le rhumatologue.
6/ Pharmacovigilance
Les actualités de pharmacovigilances sont autour de la lettre d'information transmises aux patientes sur le risque de méningiomes sous désogestrel par l'ANSM. Le risque est de 1/67 000 d'avoir un méningiome nécessitant une prise en charge chirurgicale. Remettons ce risque en comparaison d'autres risques graves liés à des traitements : le risque de cancer cutané sous hydrochlorothiazide est de 1/ 1000 (Pedersen, JAAD 2018), l'utilisation d'IEC est associée à un risque de cancer du poumon de 1 / 2 500 (Hicks, BMJ 2018), le risque d'anévrisme et de dissection aortique sous fluoroquinolones est de 1 / 12 000 (Pasternak, BMJ 2018). Tous ces risques graves sont plus fréquents que celui de méningiomes sous désogestrel, mais peut être faudrait il envoyer un courrier à tous les gens qui vont parfois au restaurant car le risque d'une anaphylaxie alimentaire est 1/ 25 000 (Conrado, BMJ 2021).
C'est fini ! Vous pouvez toujours vous abonner sur Facebook, Twitter/X, Bluesky, LinkedIn, Mastodon et à la newsletter (mail) pour ne rater aucun billet. Pour cela, inscrivez votre adresse mail tout en haut à droite sur la page (sans oublier de confirmer l'inscription dans le mail provenant de "hi@follow.it" et intitulé "Veuillez confirmer votre abonnement à Médicalement Geek", qui vous sera envoyé et qui peut arriver dans vos spams)
A la semaine prochaine !


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire