Bonjour ! Pour commencer ce billet, parlons de santé planétaire avec un article d'Annals of internal medicine. Sur 4 situations présentées, 3 concernent les soins primaires : la réduction d'utilisation des aérosols-doseurs de salbutamol, l'utilisation de masque chez les personnes asymptomatique et la réduction de consommation de viande. Dans les 3 cas, les auteurs iraient dans le sens d'une recommandation faible en faveur de ces changements de comportement. La place du généraliste dans le système de soins et comme acteur de santé planétaire sera discuté dans la session "controverses: médecin généraliste : médecin de l’individu ou médecin de la communauté ?", le jeudi 2 Juillet à la #Wonca2026. Si ce n'est pas encore fait, inscrivez-vous !
1/ Cardiologie
On avait vu récemment que les digitaliques réduisaient possiblement les hospitalisations pour insuffisance cardiaque, donc une revue systématique a été conduite et publiée dans le JAMA. Elle repose sur 1 étude de 6800 patients datant de 1997, et 2 études de 1000 patients de 2025 et 2026 ayant surtout inclus des patients avec FEVG altérée. Les auteurs que la digoxine réduit la survenue de décompensation cardiaque (26% vs 33%, NNT= 15 patients) mais ne réduit ni la mortalité cardiovasculaire ni la mortalité globale. Ce n'est donc pas un traitement incontournable, mais qui pourrait réduire les poussées chez certains patients.
Cependant, d'après l'essai randomisé suivant, qui est en fait la suite d'un des essais mentionnés dans le paragraphe précédent, les chercheurs ont déprescrit, en aveugle la digoxine à une partie des patients. Les patients avec un arrêt de dignoxine ont eu une augmentation des événements cardiovasculaire et décompensations cardiaques qui ont été 7 fois plus nombreuses que dans le groupe placebo. Cela s'est accompagné d'augmentation de FC, d'hypotension et d'augmentation du NTproBNP. Bref, si on est amené a mettre la digoxine, il est probable qu'il ne faille pas la retirer ensuite.
2/ Pneumologie
Le VEMS/CV est le standard diagnostic dans les troubles ventilatoires obstructifs, avec un seuil < 0,70 même si la société européenne pousse plutôt pour un seuil à 0,75 (cf ici). Mais les normes de ce rapport dépendent de l'âge, du poids, de la taille mais aussi de l’ethnie, ce qui le rend difficilement interprétable pour les populations moins étudiées. Des auteurs proposent donc le FEV1Q, ou quotient du VEMS correspond au VEMS divisé par 400mL pour les femmes et 500mL pour les hommes (qui correspond au 1er percentile des VEMS, soit le minimum vital). Ainsi ce FEV1Q, apparaissait comme un bon marqueur de BPCO, non modifié par l’ethnie, avec une valeur diagnostique similaire à celle du VEMS/CV. A suivre.
3/ Oncologie
On parlait il y a peu de la réduction de mortalité globale à 15 ans grâce au dépistage par sigmoïdoscopie. Voici un essai randomisé, sigmoïdoscopie versus pas de dépistage avec un recul de 23 ans mené chez 100000 patients norvégiens de 50 à 64 ans à l'inclusion. Le taux de cancer était de 4,3% dans le groupe dépisté versus 6% chez les non dépistés. La mortalité par cancer était significativement réduite chez les hommes (1,4% vs 2,2%) mais pas chez les femmes (1,3% vs 1,4%). L'ajout du FIT en complément ne modifiait pas les résultats. On pourrait se poser la question de modalités de dépistage différentes chez les hommes et les femmes.
4/ Neurologie
Faisons un point sur la sclérose latérale amyotrophique, qui atteint environ 5 personnes pour 100000. Les symptômes sont typiquement unilatéraux, léger au début et se majorant à type de faiblesse d'un membre, atrophie, fasciculations et hyperréflexie. Un bilan biologique (NFS, CRP, iono, calcémie, TSH, AAN, facteur rhumatoïde, vitamines B12, syphilis, VIH, Lyme, EPP, bilan hépatique, CPK, ,anticorps anti GM-1 anti MuSK, anti récepteurs de l'acétylcholine) et une IRM excluront les diagnostics différentiels, et l'EMG posera le diagnostic. 15% des cas sont familiaux, il y a 60 gènes impliqués et la transmission est essentiellement autosomique dominante. Les nouveaux traitements ralentissent la maladie de quelques mois, la survie étant estimée à environ 5 ans, mais les traitements sont essentiellement symptomatiques (notamment baclofène, gabapentinoïdes pour la spasticité et IRS pour la dépression)
5/ Psychiatrie
Enfin, voici une revue les troubles anxieux en soins primaires qui concerneraient 19,5% des patients. Il s'agit notamment de trouble anxieux généralisé, d'anxiété sociale, de trouble panique, d'agoraphobie et de phobies spécifiques. Les recommandations de l'USPSTF sont en faveur d'un dépistage par le Generalized Anxiety Disorder-2 orientant vers un trouble anxieux si ≥ 3, puis vers le Generalized Anxiety Disorder-7 qui est bien évalué en soins primaires. Un dosage de TSH est indiqué ainsi qu'une recherche de toxiques si approprié. Il est recommandé de faire une éducation du patient à sa maladie, de renforcer son auto-prise en charge et de communiquer des ressources qu'il pourra utiliser (techniques d'auto-gestion, méditation pleine conscience, relaxation ont démontré un bénéfice). Le traitement le plus efficace est la TCC dont 10-16 séances de 50minutes ont démontré un bénéfice durable, tout comme des sessions de TCC brèves de 30min, 6 à 8 fois. Sur le plan pharmacologique, les IRS/IRSNA sont décrits comme les traitements de 1ère ligne (paroxétine, sertraline, fluoxétine, es/citalopram, duloxetine, venlafaxine) avec un début d'efficacité après 2 semaines croissant jusqu'à 3 mois (avec une réponse à 4 semaine qui est prédictive de l'efficacité de la molécule). La buspirone et la mirtazapine sont les traitements de 2eme ligne ou pour les situations où les IRS ne seraient pas souhaitables. Enfin, le propranolol 10-60mg à prendre 30-60min avant une exposition anxieuse pour la performance, l'hydroxyzine si besoin sont les traitements complémentaires et les benzodiazépines et la prégabaline sont des options de dernier recours. Les auteurs recommandent un avis spécialisé après échec de 2 traitements.
6/ Endocrinologie
On a déjà parlé des reprises de poids après arrêt des aGLP1 injectables (ici) et de l'orforglipron, nouvel aGLP1 oral, là. Ce qui est donc proposé dans cet essai publié dans Nature medicine, a inclus les patients de l'étude SURMOUNT5 qu'ils aient reçu du tirzepatide ou du semaglutide,, et les a traité par orforglipron. A 6 mois, le poids restait stable quel que soit le traitement injectable antérieur. Cela semble permettre d'atteindre des baisses de poids stabilités à -15% environ alors que les baisses avec orforglipron sont de l'ordre de -10%.
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