Bonjour, merci à toutes et tous pour votre fidélité de lecture du "Dragi Webdo" qui va entrer le mois prochain dans sa 12ème année! Le timing fait qu'il faut parfois aller un peu vite pour pouvoir continuer à publier hebdomadairement les billets, il y a quelques coquilles qui peuvent survenir, alors merci pour vos relectures et commentaires qui permettent d'effectuer les corrections au plus vite.
Et maintenant, voici les actualités de la semaine !
1/ Interventions non pharmacologiques
Le BMJ s'est intéressé aux interventions permettant d'améliorer la vaccination des patients. Pour les enfants, la prise en charge financière et les aides à la décision étaient les méthodes les plus efficaces. Chez les adolescents, c'est une information délivrée par un membre de la communauté qui est le plus efficace et les aides à la décision ont un effet négatif. Enfin, chez l'adulte, les interactions humaines, l'entretien motivationnel, la prise en charge des coûts, augmenter les opportunités de vaccinations et donner des RDV dédiés étaient les méthodes efficaces, mais l'efficacité était de moindre ampleur que pour les enfants et adolescents.
Cet article d'Annals of internal medicine a étudié les interventions non pharmacologiques dans la lombalgie chronique dans une essai randomisé dit "SMART", c'est à dire Sequential, Multiple-Assignment, Randomized Trial. En gros, c'est un essai randomisé dans lequel l'intervention est adaptée par des randomisations successives en cas de non-réponse par exemple dans chacun des bras. Ainsi, les patients ont eu d'abord 8 semaines de kiné ou de TCC. Bien que la kiné soit plus efficace sur le score fonctionnel, le seuil de pertinence clinique n'était pas atteint, et il n'y avait pas de différence sur l'échelle de douleur. Les non-répondeurs étaient ensuite randomisés pour l’autre traitement ou de la thérapie pleine conscience, et il n'y a pas eu de différence entre les différents traitements.
Comme de nombreux médecins et chercheurs, vous vous intéressez de plus en plus aux interventions non pharmacologiques ? Il y a une plénière dédiée à la #Wonca2026 (liens vers les inscriptions sur la droite)!!
2/ Cardiovasculaire
Le Lancet avait publié une revue systématique incluant les études ACCORD BP, SPRINT, ESPRIT,
BPROAD, STEP, et CRHCP pour étudier le bénéfice net d'une cible tensionnelle < 120 mmHg ou < 130mmHg par rapport à une cible standard. Les auteurs confirment que le traitement intensif réduit les évènements cardiovasculaires, avec un NNT de 58 patients (et même la mortalité cardiovasculaire, NNT = 217), mais la survenue d'un effet indésirable notable (hypotension, syncope, blessure sur chute, arythmie, angio-oedeme, insuffisance rénale) était également augmentée avec un NNH de 55 patients. Donc 1 événement évité pour 1 EI notable. Le bénéfice sur la mortalité est inconstamment retrouvé dans les autres études et on rappelle que les mesures de PA dans ces études étaient plus proches des auto-mesures que des mesures au cabinet, ce qui biaise les cibles tensionnelles qui correspondent à des mesures au cabinet (on avait parlé de tout ça ici). Bref, rien de très neuf, mais une meilleure mise en évidence des effets indésirables.
3/ Infectiologie
Le Lancet toujours, a publié un essai randomisé dans les cystites comparant 4 traitements: fosfomycine 3g dose unique, fosfomycine 3g en 2 prises espacées de 24h, pevmecilinam 3 jours et nitrofurantoïne 5 jours, et le critère de jugement était la résolution des symptômes à J7. Pour regarder un peu l'épidémiologie, 99% des BU étaient positives aux leucocytes, seulement 25% avaient des nitrites, et les ECBU sont revenus stériles ou contaminés dans 40% des cas !! Dans les ECBU positifs, l'E.Coli était majoritaire à 70%. L'efficacité a été de 74% pour la nitrofurantoïne, 70% pour le pevmecilinam, 67% pour la fosfomycine 2-doses, et 59% pour la fosfomycine monodose. Il y avait des effets indésirables chez 20% des patients environ dans chaque groupe. On peut alors se dire que la fosfomycine monodose est le pire traitement. Quand on regarde la résolution clinique à 14 et 28 jours, on voit en fait que le pevméciliniam, la fosfomycine 2-dose et la fosfomycine monodose ont une efficacité similaire. Seule la nitrofurantoïne reste plus efficace cliniquement à 28 jours, mais le taux d'éradication bactérienne à 14j et 28j est identique à celui de la fosfomycine monodose! Les auteurs concluent donc qu'il faut réévaluer le traitement de 1ère ligne de la cystite. Vu l'efficacité similaire à 14 jours, ce n'est pas certain... entre possible mauvaise observance (2cp x 3 par jour pendant 5 jours versus 1 sachet unique), les possibles contre-indications, et risques de nitrofurantoïnes notamment au long cours si IU répétées, c'est probablement plus raisonnable de maintenir la fosfomycine en 1ere ligne (à noter que le coût est similaire) . En pratique, on avait déjà eu ces résultats en 2018 ici, et vu que l'étude cout-efficacité était à réaliser dans chaque pays selon les résistances précises , là.
Après un essai randomisé en 2024 et une analyse de cohorte en 2025 (cf ici), voici une 3ème étude publiée dans le NEJM s'intéressant à l'efficacité du Nirmatrelvir-Ritonavir (Paxlovid*) chez des patients vaccinés non hospitalisés. Cet essai randomisé de 4000 patients recrutés entre 2021 et 2024 (3 doses de vaccin pour 97% des patients, et 60% avec comorbidité) trouve, comme les autres études, que le traitement ne réduit pas la mortalité ou les hospitalisations. Cependant, le taux de guérison médian était de 14 jours avec traitement versus 22 avec soins courants. Bref, au prix que le traitement coûte, on peut désormais l'oublier.
4/ Pédiatrie
Le BMJ aborde la scoliose structurale idiopathique chez l'adolescent. La définition est une torsion avec rotation de la colone, avec un angle de Cobb > 10%. Le dépistage est clinique, confirmé radiologiquement. Le traitement repose sur de l'observation simple en cas de risque faible ou modéré d’aggravation. Les corsets sont indiqués pour des angles de 25° à 40° avec un Risser entre 0 et 2. Au delà, une prise en charge chirurgicale peut être indiquée. La grande question dans ce contexte est: faut-il dépister? Les auteurs sont ouvertement pour une prise en charge précoce, mais ils rapportent les recos de l'USPSTF et celles du UK National Screening Committee qui ne recommandent pas de dépistage systématique chez l'enfant asymptomatique (alors que les recommandations de sociétés savantes spécialisées, possiblement moins objectives, prônent un dépistage des enfants asymptomatiques)
5/ Pneumologie
Cet article de l'ERJ aborde les toux chroniques réfractaires (TOCRI) et étudie l'efficacité des recommandations de prise en charge. Les auteurs retrouvent que les prises en charges permettent de réduire de 50% la fréquence de la toux mais que 71% des patients trouvent que leur toux est insuffisamment contrôlée. Les traitements proposés étaient les suivants (le seul truc qu'on ne regarde pas vraiment en MG, c'est les éosinophiles et les neutrophiles dans les crachats) :
6/ Neurologie
Si le dépistage des démences a peu d'intérêt pour réduire l'évolution de la maladie, peut être en a-t-il pour l'entourage. C'est ce qu'a évalué cet essai randomisé chez des patients de plus de 65 ans et leurs proches dans 29 centres de médecine générale. Sur 1800 dyades patient-proche, il y a eu 5% de patients avec troubles cognitifs dans le groupe dépisté, mais le dépistage n'a pas permis d'améliorer la qualité de vie de l'entourage.
7/ ORL
On a déjà parlé des VPPB et de la manœuvre de Semont+ à auto-réaliser par les patients. Cette revue narrative revient sur le diagnostic : des vertiges durant moins de 1minutes mais survenant de façon répété et déclenchés par la position. Le point important est l'absence de nystagmus au repos, car s'il est présent, c'est en faveur d'une névrite vestibulaire (ou d'une lésion cérébrale) car le nystagmus du VPPB est dynamique. Il est mis en évidence par la manœuvre de Dix-Hallpike déclenchant le nystagmus pendant 10-20 secondes. Les risques de faux négatifs sont: une manœuvre trop lente (= mettre plus de 2 secondes à allonger le patient) ou une extension inadéquate de la tête pendant la manœuvre. La manœuvre d'Epley, qui peut être faite par le patient lui-même, semble être la plus efficace avec 32-80% de résolution à 1 semaine (versus 4-24% avec procédure factice), et 88-98% à 1 mois (versus 24-77% avec procédure factice). En cas de vertiges réfractaires, un avis spécialisé est nécessaire.
8/ Endocrinologie
Pour finir, on avait déjà parlé de l'association cagrilintide-semaglutide versus placebo dans la perte de poids chez les patients obèses (ici). Voici l'essai randomisé cagrilintide-semaglutide versus semaglutide. Chez les patients asiatiques de cette étude, l'association a permis une perte de poids de 18% versus 11% avec la monothérapie. Les effets indésirables, notamment digestifs étaient similaires dans les 2 groupes (53% vs 51%).
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