description

Blog médical et geek de médecine générale :
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

Menu déroulant

MENU

dimanche 1 mars 2020

Dragi Webdo n°259 : Paludisme (recos SPLF), dépistage troubles mnésiques (recos US), DTP à l'âge adulte, érysipèle, BPCO, montélukast, Indian Summer

Bonsoir! Voilà, le Dragi Webdo est publié à une heure correcte cette semaine. Pour commencer, un article du BMJ parle de la variabilité interindividuelle lors des analyses biologiques. L'article permet de comparer 2 résultats d'un patient (choisissez le type de résultats et rentrez les valeurs) et de voir si l'écart est lié au hasard ou à une réelle variation pour la prendre en compte.
Maintenant, bonne lecture à tous !


1/ Pharmacovigilance

L'ANSM revient cette semaine sur les risques liés au Montélukast. Il s'agit notamment d'effets neuropsychiatriques (troubles du sommeils, syndromes dépressifs, trouble de l'attention...) survenant plus fréquemment chez l'enfant. Ces effets régressent à l'arrêt du traitement, mais informer des risques avant de le débuter est certainement une bonne chose.

Parmi les IRSNA possibles pendant la grossesse, le CRAT favorise l'utilisation de la venlafaxine. Cette étude du BMJ étudie la duloxétine pendant la grossesse et retrouve qu'il n'y a pas d'augmentation du risque de tératogénicité. Cependant, il y avait une augmentation légère des risques d'hémorragie de la délivrance et de malformations cardiaques.


2/ Infectiologie

La SPLF a publié des recommandations concernant la prévention et le traitement du paludisme. Il doit être évoqué devant toute fièvre, isolée ou associée à des symptômes, après un séjour en zone d’endémie, même en cas de prise de chimioprophylaxie. Le diagnostic repose préférentiellement sur une goutte épaisse à un frottis mince dont le résultat doit être fourni dans les 2 heures. Le traitement, même s'il peut se faire en ambulatoire en cas d'infection non compliquée nécessite généralement une évaluation hospitalière. Le traitement repose en 1ère intention sur un dérivé de l'artémisinine. La prévention repose sur 1/ les protections anti-moustiques et protections personnelles anti-vectorielles 2/ la chimioprophylaxie si la zone n'est pas à risque faible 3/ la connaissance de la CAT au retour. Concernant la chimioprophylaxie, l'atovaquone proguanil est très adapté pour les séjours courts, la doxycycline en cas de difficultés financières et la mefloquine pour les séjours prolongés (3 mois maximum, après il faut discuter). 

On a régulièrement des patients qui ne souhaitent pas refaire de rappels de vaccins DTP à l'âge adulte. La France a déjà assoupli le calendrier vaccinal en prônant un rappel tous les 20 ans au lieu de 10 ans (comme dans beaucoup de pays, voire tous les 5 ans dans certains). Dans Clinical Infectious Disease (2ème meilleur journal d'infectiologie générale), une étude internationale ayant inclus plus de 10 milliards de personnes.années retrouve qu'il n'y a pas plus de cas de diphtérie ou de tétanos dans les pays faisant un ou plusieurs rappels à l'âge adulte par rapport à ceux qui n'en font pas. Le calendrier vaccinal 2020 va il prendre en compte ces éléments (et ne laisser la vaccination DTP à l'âge adulte que dans le cadre du cocooning pour la coqueluche) ?

Le BMJ aborde les "grosses jambes rouges"  et le diagnostic de dermo-hypodermite bactérienne aiguë non nécrosante (ex-érysipèle). En cas de doute diagnostic, le score ALT-70 (Asymétrie des membres, Leucocytose, Tachycardie, Âge > 70 ans) supérieur ou égal à 5 augmente fortement la probabilité de DHBNN alors que s'il est inférieur ou égal à 2, la probabilité du diagnostic est fortement réduite. Entre les 2, c'est le doute diagnostique et on peut s'appuyer sur la présence d'autres éléments cliniques:  l'antécédent de DHBNN, un lymphoedème, un IMC > 30kg/m2, une pathologie dermatologique et un intertrigo.


3/ Pneumologie

D'après les recos de la SPLF, il fallait avoir les antibiotiques faciles dans les exacerbations de BPCO alors qu'orienter la prescription sur la CRP n'était pas délétère. Les corticoïdes n'étaient pas systématiques d'après la SPLF mais l'étaient pour la société européenne de pneumologie. Une revue systématique d'Annals of Internal Medicine retrouve en effet un bénéfice des antibiotiques et également des corticoïdes pour réduire les échecs de traitements chez des patients avec EABPCO légère à sévère. On note une augmentation des effets secondaires endocrinologiques avec les corticoïdes mais les études comportaient des traitements de 9 à 56 jours (ce qui est un peu long quand même, en effet...). 


4/ Neurologie

L'USPSTF (organisme de recommandation US) a conclu qu'il n'y avait pas de bénéfice démontré à dépister les troubles mnésiques chez les patients asymptomatiques de plus de 65 ans. Le test le plus utilisé pour le dépistage est le MMSE, mais compte tenu de l'absence de traitement médicamenteux réellement efficace pour ralentir les troubles mnésiques, la balance bénéfice/risque n'apparaissait pas favorable au dépistage.


5/ Le jeu du mois "Indian Summer"

Je vais vous parler d'Indian Summer, un jeu dans lequel il va falloir recouvrir sa forêt avec des feuilles pour marquer des points. C'est puzzle, un peu comme un Tetris, il faut que les différentes formes s'emboitent pour recouvrir un maximum de cases. Selon les cases recouvertes, on a accès à différentes actions, on peut récolter des baies, des noisettes, des plumes qui vont aider pour la suite de la partie. Le mécanisme de jeu est simple et accessible. Ce n'est pas le jeu de l'année mais il permet de faire quelques parties sympathiques en famille !



C'est fini, bonne semaine à tous! Et n'oubliez pas de vous abonner sur Facebook, Twitter ou à la newsletter par mail ou les 3! (il faut inscrire votre e-mail tout en haut à droite sur la page, sans oublier de confirmer l'inscription dans le mail, dont l'objet ressemble à un nom de spam, qui vous sera envoyé.)


 À la semaine prochaine!

@Dr_Agibus

5 commentaires:

  1. Merci.
    Chez moi tous les patients ont des difficultés financières surtout après qu'ils se sont saignés pour acheter des cadeaux. Donc doxycline à tous. Quand je prescris autre chose ils n'achètent pas à la pharmacie. Et je prescris doxycline remboursée et non doxy palu non remboursé.
    Bien entendu pas chez les enfants où la doxy est CI, et cetera, et cetera. Je m'adapte.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci pour ce retour d'expérience!

      Supprimer
    2. On trouve le générique de la Malarone pour très peu cher dans certaines grandes pharmacies, et par expérience (3 ans au Cameroun), c'est bien plus efficace que la doxycycline. J'ai vu plusieurs cas de palu sous doxy mais aucun sous Malarone. Et je crois que si on a l'argent pour se payer un voyage au bout du monde (billet, vaccins...) on peut bien dépenser quelques dizaines d'euros pour une prophylaxie efficace !

      Supprimer
  2. Je ne sais pas si tu as parlé de cela, mais il y a une page avec plein d'information sur la BPCO fait par la HAS : https://www.has-sante.fr/jcms/p_3115145/fr/bpco-diagnostic-et-prise-en-charge

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour, je ne connaissais pas cette page. Certaines infos semblent plus facile d'accès que dans le gros guide du parcours de soins. Merci!

      Supprimer